Un mot appris aujourd’hui sera en partie oublié dans quelques jours si on ne le revoit pas. La répétition espacée part de ce constat : on révise chaque mot juste avant de l’oublier, à des intervalles de plus en plus longs. C’est le principe d’Anki et de la plupart des applications de flashcards.
Une courbe mesurée en 1885
- Les expériences d’Ebbinghaus
- Le psychologue allemand Hermann Ebbinghaus a passé cinq ans à apprendre des syllabes sans signification, comme “WID” ou “ZOF”.
- Il mesurait ce qu’il en retenait après des délais variables.
- Il publie ses résultats en 1885 dans Über das Gedächtnis.
- Ce que montre la courbe de l’oubli
- La perte est rapide les premiers jours.
- Des révisions espacées la freinent.
- Une limite
- L’expérience porte sur un seul sujet, lui-même.

La courbe de l’oubli et l’effet de cinq répétitions. Image : BabelCoach.
Des boîtes de fiches aux algorithmes
- La boîte de Leitner (1972)
- Le journaliste scientifique Sebastian Leitner la propose dans So lernt man lernen.
- Une carte bien sue passe dans la boîte suivante, revue moins souvent ; une carte ratée revient dans la première.
- Les logiciels, qui automatisent ce tri
- BabelCoach, un site associatif français, utilise un algorithme de répétition espacée depuis 2005.
- Anki a été créé en 2006 par le programmeur australien Damien Elmes. Il calcule la date de chaque révision avec un dérivé de SM-2, un algorithme de SuperMemo de la fin des années 1980.
- Depuis sa version 23.10 d’octobre 2023, Anki propose aussi en option FSRS, un algorithme plus récent.
Comment les révisions s’enchaînent
- Des intervalles de plus en plus longs
- Une première révision quelques heures après la lecture rattrape le souvenir avant qu’il ne s’efface.
- La suivante peut venir le lendemain, puis deux jours plus tard, puis quatre, puis sept.
- BabelCoach donne ces chiffres à titre d’exemple : chaque méthode fixe ses propres délais.
- Dans la boîte de Leitner
- Ce sont les compartiments qui fixent les délais : plus une carte est haut placée, plus on attend avant de la revoir.
- Dans la boîte en carton, le délai dépend du nombre de cartes que chaque compartiment contient : environ 10 dans le premier, 20 dans le deuxième, 35 dans le troisième, 60 dans le quatrième.
- Ce système est rigide, puisque la boîte ne s’adapte pas au rythme de celui qui apprend.

Le système de Leitner. Image : BabelCoach.
- Dans un logiciel comme BabelCoach
- Un logiciel peut suivre chaque carte à part.
- L’algorithme de BabelCoach part du système de Leitner, mais calcule le délai et le parcours de chaque carte d’après l’historique de ses réponses.
- Une carte peut ainsi sauter des niveaux, et une erreur ne la renvoie pas toujours au niveau 1.

Les niveaux de révision de BabelCoach. Image : BabelCoach.
Ce que cela demande à l’apprenant
- Tout repose sur sa réponse à chaque carte
- Une carte réussie s’éloigne, une carte ratée revient vite.
- Les mots difficiles reçoivent donc le plus de révisions.
- Une condition
- Ne pas marquer comme sue une réponse devinée.
